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Paris Design Week : 5 expositions qui valent le détour

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Oubliez le parcours officiel

On va être directe : la Paris Design Week, c’est 400 événements en une semaine, un plan illisible et des jambes en compote dès le mercredi. L’astuce, c’est de ne pas tout voir. De choisir. Voici nos cinq coups de coeur de l’édition 2023 - pas forcément les plus médiatisés, mais ceux qui valent vraiment le taxi.

Chez Musée des Arts Décoratifs, l’expo qu’on n’attendait pas

Le MAD a monté une rétrospective sur le design textile français des années 60-70. Des pièces sorties des réserves qu’on n’avait jamais vues exposées. Des tapisseries de Pierre Paulin pour Mobilier National, des prototypes de tissus d’ameublement signés Knoll en collaboration avec des artistes français. Sobre, documenté, sans esbroufe. L’expo ferme fin avril, courrez-y.

Entrée 14 euros, gratuit le premier dimanche du mois.

Rue de Charonne, les indépendants

Le quartier entre Bastille et Charonne reste le vrai terrain de jeu de la Design Week. Trois galeries ont mutualisé leurs espaces cette année. Chez Music Gallery, au 47, une installation de luminaires en grès chamotté par un duo de céramistes de Vallauris. On aime la brutalité des formes, le contraste avec la délicatesse de l’émail. Comptez 800 à 2 500 euros pièce.

Deux portes plus loin, la galerie Gosserez exposait du mobilier en bois brûlé - la technique du shou sugi ban poussée dans ses retranchements. Tables, assises, étagères. Tout est noir, tout est mat, tout sent encore le feu. Est-ce que ça tiendra dans cinq ans ? Pas sûr. Mais c’est beau maintenant.

L’Alcova parisien, rue du Faubourg Saint-Antoine

Pas le vrai Alcova - celui-là, c’est à Milan - mais un pop-up dans un ancien atelier de menuiserie. Cinq jeunes studios, pas de galerie attitrée, des pièces en édition très limitée. On a repéré le travail de Camille Music, designer textile qui tisse des panneaux muraux à partir de chutes industrielles. Du upcycling sans le discours moralisateur qui va avec d’habitude. Juste du beau textile, point.

Au Palais de Tokyo, le hors-piste

Le Palais de Tokyo n’est pas officiellement dans le parcours Design Week, mais leur exposition temporaire sur les objets-refuges touche directement au sujet. Des designers et artistes ont été invités à concevoir des espaces de repli - des cabanes, des cocons, des niches. Certaines pièces sont franchement conceptuelles (on passe), d’autres sont habitables et on s’y installerait volontiers.

Le projet de Studio Music - un hamac-tente en lin brut suspendu à une structure acier - est probablement la pièce la plus photographiée de la semaine. À raison.

Saint-Germain, pour les classiques

Le parcours rive gauche, c’est le luxe discret. Les galeries de Saint-Germain jouent la carte du mobilier de collection - pièces vintage, rééditions, éditions numérotées. Chez Downtown, rue de Seine, une collection de fauteuils brésiliens des années 50 qui vaut le détour rien que pour les cuirs patinés. Et chez Gosserez, on retrouve des créateurs qui travaillent le textile comme matière première, pas comme finition.

On regrette juste que ce parcours soit devenu un peu prévisible. Les mêmes galeries, les mêmes pièces qui circulent d’une foire à l’autre. Mais le niveau reste haut, et Paris en septembre reste Paris en septembre.

Léa

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