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Offrir du design : 12 idées de cadeaux entre 30 et 300 euros

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Offrir un objet design, c’est marcher sur un fil. Trop pointu, ça passe pour de la frime. Trop sage, ça rejoint au fond du placard les bougies parfumées de l’an dernier. Et puis il y a le budget, ce sujet qu’on n’aborde jamais franchement : non, un beau cadeau n’est pas forcément un cadeau cher. On peut taper juste avec 40 euros comme on peut se planter avec 300.

Voici douze pièces qu’on offrirait sans hésiter cette année. Des objets vus, manipulés, parfois gardés pour soi. Classés non par catégorie mais par ce qu’ils coûtent vraiment - parce que c’est souvent là que tout se joue.

Moins de 60 euros : le cadeau qui ne fait pas radin

Le piège, à ce prix-là, c’est de croire qu’on ne peut offrir qu’un gadget. Faux. Le photophore Kastehelmi d’Iittala, dessiné par Oiva Toikka en 1964, coûte une vingtaine d’euros et ne se démode pas - ces petites gouttes de verre pressé attrapent la lumière d’une bougie comme rien d’autre. On en offre deux, jamais un seul.

Dans le même esprit accessible, les vide-poches Kaleido de Hay, signés des frères Bouroullec, s’empilent en compositions colorées à partir de 30 euros la pièce. Pratique, joli, impossible à rater. Pour quelqu’un qui reçoit, la carafe Gluggle Jug fait toujours son effet : ce pichet en forme de poisson, fabriqué en Angleterre depuis 1810, glougloute quand on verse (compter autour de 69 euros). C’est kitsch, c’est assumé, ça lance une conversation à table.

Et puis il y a le presse-agrumes Juicy Salif d’Alessi, dessiné par Philippe Starck. Soyons honnêtes : il presse mal, il tache la nappe, son créateur lui-même disait qu’il servait à lancer des discussions, pas à faire du jus. À une soixantaine d’euros, on l’offre pour ce qu’il est - une sculpture sur trois pattes, devenue une icône. La personne le posera sur une étagère. C’est exactement le but.

Autour de 100 euros : le terrain le plus piégeux

C’est la zone où l’on dépense assez pour vouloir bien faire, et où l’on rate le plus souvent. Mon conseil : viser une valeur sûre plutôt qu’une nouveauté maligne.

Le vase Aalto d’Iittala en est l’exemple parfait. Dessiné par Alvar Aalto en 1936, sa silhouette ondulée n’a pas pris une ride en presque un siècle - le petit modèle tourne autour de 110 euros et accepte aussi bien trois tulipes qu’une branche unique. C’est le genre de cadeau qu’on garde, qu’on transmet même. Dans le registre objet-doudou, l’oiseau Eames House Bird édité par Vitra (autour de 130 euros) trône sur les bibliothèques des amateurs depuis les années 50. Une silhouette noire, épurée, vaguement scandinave. On l’aime ou on trouve ça snob. Rarement entre les deux.

Pour les amateurs de café, la cafetière 9090 d’Alessi, dessinée par Richard Sapper en 1979, reste une merveille d’ingénierie italienne - première pièce de la marque entrée dans les collections du MoMA. Autour de 130 euros, elle fait passer la moka de supermarché pour ce qu’elle est. On évite en revanche les coffrets “découverte” multimarques et les diffuseurs connectés : à ce prix, on veut une vraie pièce, pas un assortiment.

Entre 150 et 300 euros : le cadeau qu’on garde

Ici, on entre dans le territoire du cadeau commun, celui qu’on offre à deux ou à plusieurs. Et la lumière est presque toujours un bon pari, parce qu’une belle lampe change une pièce sans qu’on ait à repeindre les murs.

La baladeuse Balad de Fermob (autour de 130 euros) se trimballe du salon au balcon, se recharge la nuit, existe dans une vingtaine de coloris poudrés. Plus pointue, la Flowerpot portable VP9 d’&Tradition reprend le dessin de Verner Panton de 1968 en version sans fil - comptez environ 200 euros pour cette demi-sphère qui colore une table de dîner. Et pour un bureau, la lampe articulée Anglepoise Type 75, héritière directe du modèle de 1934, reste indétrônable autour de 150 euros. Si la personne à qui vous offrez s’intéresse vraiment au sujet, on avait creusé la question dans notre tour d’horizon des luminaires d’architecte, entre sculpture et lumière.

Pour le très beau cadeau, l’horloge Ball Clock de George Nelson, rééditée par Vitra, flirte avec les 300 euros (un peu plus pour les grands modèles). Ces boules de couleur au bout de tiges métalliques, dessinées en 1949, habillent un mur nu mieux qu’un tableau. C’est le cadeau qui se remarque sans crier.

Où l’acheter, et comment ne pas gâcher l’effet

Un dernier mot, parce qu’il compte autant que l’objet. Évitez les marketplaces géantes qui noient ces pièces sous les contrefaçons - le faux Juicy Salif et la fausse Flowerpot pullulent, et ça se voit. Passez plutôt par les boutiques de design indépendantes, en ville ou en ligne : Fleux et The Conran Shop à Paris, Made in Design, ou directement les sites des éditeurs. Vous y gagnerez la garantie, parfois l’emballage cadeau soigné, et le sentiment d’avoir fait travailler les bonnes personnes. C’est un peu la même logique que celle qu’on défendait en cherchant à meubler son intérieur sans Ikea : payer un peu plus, mais pour quelque chose qui dure.

Et si vous hésitez encore entre deux objets, prenez le plus simple. Un cadeau design réussi, ce n’est pas celui qui en met plein la vue le jour même. C’est celui qu’on retrouve trois ans plus tard, toujours posé là, à sa place.

Léa

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